Orientation de ce premier séminaire :
Paysage et image entretiennent une relation ancienne ne serait ce qu'au regard de leur co-production. Si l'iconographie paysagère a servi à témoigner de certains traits des paysages, elle a surtout contribué à l'avènement et à l'amplification d'une culture paysagère. Ce double statut, qui révèle et institue, témoigne de multiples regards sur la matérialité des paysages ainsi que sur les différentes modalités de leur saisie.
Cependant les progrès techniques ont conduit l'imagerie à n'être plus uniquement un support d'enregistrement mais également à être un véritable moyen d'analyse et de compréhension tant statique que dynamique. A un changement de paysage correspond-t-il un changement d'image du moins un glissement du référentiel et de ces usages ? Si l'on considère le paysage comme une relation entre un territoire et des regards, il est fort à parier que les modifications affectent les deux pôles, matériel et idéel, et qu'une certaine dimension prospective suggère des manières de faire advenir de futurs paysages, renouvelle les regards et leur expression iconographique. De plus, en tant qu'éléments de culture, les images paysagères sont en interactions dynamique et créatrice avec d'autres productions référant au paysage, notamment les différentes manières de nommer et d'habiter.
Dès lors, nos réflexions porteront sur trois domaines :
. Les images de territoire qui rendent compte des changements paysagers dans leurs dimensions matérielles,
. Les images de paysages qui soulignent ou traduisent un glissement du regard et donc de nouvelles distanciations à la concrétude des lieux,
. Les images d'anticipation qui conduisent à envisager, infléchir ou choisir le projet paysager pour se placer dans une perspective d'évolution d'un territoire.
Il s'agira d'explorer les différents statuts de l'image qui peuvent être à l'origine de discours, de paroles à propos des paysages, mais tout aussi bien un résultat de ces discours, les relayant et acquérant l'évidence de la preuve. Ces images destinées à des publics plus ou moins avertis connaissent des niveaux et degrés d'appropriation très variables et requièrent un accompagnement durant lequel les acteurs peuvent, à leur tour intervenir dans la production de l'image, parfois avec l'instantanéité de l'interactif.
Pour autant, les images restent des outils dont il s'agit moins de questionner les techniques de production que d'appréhender leur place et rôle dans les démarches de compréhensions des dynamiques d'évolution des paysages. Aussi, entre l'abondance de l'iconographie et parfois son indigence, c'est sur les manières de faire, le sens et les limites des usages qui leur sont conférées que nous serons certainement conduits à discuter.